Francisco Esteban Gracia
Victoria Martínez Santisteban
Ce travail est déjà très bien fait donc on n’a pas cru qu’il soit nécessaire le changer. On pense qu’il est bien structuré donc on va seulement modifier quelques aspects pour le faire plus accessible et plus confortable pour son utilisation par un traducteur.
On va traduire quelques des mots cités antérieurement et aussi on va écrire quelques synonimes en espagnol colloquial ou des expressions relatives à ce mot.
Abandonner (Abandonar): Desengancharse, quitar/quitarse, dejar, dejar de, etc.
Accélérateur (Acelerador): Pisar a fondo/a tope, etc.
Accélérer (Acelerar): Ir deprisa, ir pitando, ir a todo gas, ir a todo meter, ir a toda ostia, etc.
Accident (Accidente): Tortazo, golpe, golpetazo, ostia, galletazo, meterse un viaje/ostia morrocotuda, partirse los dientes, darse un piñazo, etc.
Alcool (Alcohol) : Dans le cas du mot « alcool » il y a en français plusieurs mots colloquiales mais en espagnol il n’y a pas des mots colloquiales pour ce terme. Cependant, on utilise beaucoup des expressions qu’ont relation avec ce terme avant indiqué. Par exemple: Litros, empinar el codo, soplar, pimplar, estar pedo/mamado, estar con el puntillo, etc.
Amoreux (Enamorado): Enchochado, estar enamorado hasta los huesos, estar pillado (por alguien), etc.
Argent (Dinero): Pasta, guita, pelas, perras, no tener ni un duro, estar pelado, a dos velas, sin blanca, pagar a tocateja/a escote, etc.
Audace (Audaz): Avispado, espabilado, ser un lince, ser más listo/a que los ratones colorados, etc.
Bagne (Presidio): Trena, agujero, calabozo, chirona, etc.
Bavard (Hablador): Charlatán, no callar ni debajo del agua, hablar por los codos, ser un lorito, ser una cacatúa, etc.
Bière (Cerveza): Botellín (de cerveza), ir de birras/cañas, echar unas birras/cañas, rubias, etc.
Bouche (Boca): Hocico, morro, pico, cerrar el pico/la boca, “cállate la boca”, bocanegra (fumador compulsivo), etc.
Cadavre (Cadáver): Ser un/estar fiambre, “estar tieso”, etc.
Casser (Romper/se): Petarse, reventarse, hacerse añicos, joderse, cascarse, etc.
Cerveau (Cerebro): Dans ce cas, on a aussi agrégé des mots réferents à la tête. Par exemple : Coco, estrujarse el coco/los sesos, comerse la cabeza, perola (sinónimo de cabeza), ser un cabezadura, ser un cabezota, etc.
Chambre (Habitación): Habita, cueva, etc.
Chien (Perro): Chucho, tener un día de perros, llevarse como el perro y el gato, etc.
Cigarette (Cigarrillo): Echar un cigarro/pitillo/piti, etc.
Coeur (Corazón): Patata, etc.
Déprimé (Deprimido): Estar hundido, cabizbajo, destrozado, rayado, hecho polvo, hecho una mierda, jodido, etc.
Divorce (Divorcio): Romper, cortar, dejarlo, etc.
Duper (Engañar): Timar, estafar, mentir, ser un timo, ser el timo de la estampita, etc.
Éjaculer (Eyacular): Correrse, hacerse una paja, pelársela, etc.
Épuisé (Agotado): Estar reventado, destrozado, etc.
Fâcher (Enfadar): Cabrear, cabrearse, encabronar, encabronarse, hastarse, estar hasta los huevos, explotar, etc.
Avoir faim (Tener hambre): Estar canino, estar muerto de hambre, etc.
Fellation (Felación): Chuparla, mamarla (Sudamérica), etc.
Femme (Mujer): Piba, tía, chica, pava, etc.
Faire la fête (Fiesta): Juerga, parranda, farana, salir de juerga, ir de marcha, salir por ahí, etc.
Garçon (Chico): Tío, pavo, chico, tipo, etc.
Homosexualité (Homosexualidad): Ser gay, maricón, maricona, nenaza, marica, mariquita, etc.
Hypocrite (Hipócrita): Ser un falso, ser más falso que el dinero del Monopoly, ser un chaquetero, etc.
Jambe (Pierna): Pata, garra, meter la pata (hasta el fondo), etc.
Manger (Comer): Jalar, etc.
Mensonge (Mentira): Trola, bola, bulo, pantomima, etc.
Mourir (Morir): Palmar/la, irse al otro barrio, estar criando malvas, ir al cielo/infierno, cascarla, estirar la pata, etc.
Nez (Nariz): Tocha, napia, etc.
Parents (Padres): Viejos, etc.
Parfait (Perfecto): Ser/estar fetén, chapó, pasote, cojonudo, etc.
Parler (Hablar): Charlar, coger un capazo (Aragón), charrar, etc.
Police (Policía): Poli, pasma, maderos, verdes (Guardia Civil), forales (Policía Foral de Navarra), etc.
Rendez-vous (Cita): Quedada, etc.
Repas (Comida): Comilona, comer como un cerdo, ponerse morado, ponerse ciego a (+ comida que sea), etc.
Séduire (Seducir): Ligar, flirtear, tontear, etc.
Sourd (Sordo): Estar sordo como una tapia, etc.
Toilette (Servicio): Baño, meadero, cagadero, ir a visitar al señor Roca, etc.
Uriner (Orinar): Mear, echar una meada, cambiar(le) el agua al canario, etc.
Voiture (Coche): carro, buga, máquina, pepino, etc.


Maintenant on propose quelques articles publiés en webpages et publications:
Neuf jeunes Romands sur dix parlent «racaille»
En Suisse romande, neuf jeunes sur dix ont recours au «parler jeune» - aussi nommé «parler racaille» - des banlieues françaises. Mais ils savent aussi revenir au langage «correct» quand il le faut. Première étude sur le sujet dans les cantons francophones.

[…]

Inspiré du langage des banlieues françaises et de la culture rap principalement, ce «parler jeune» - ou «parler racaille» - est présent en Suisse romande depuis une dizaine d'années au moins. Certains des plus âgés disent en effet s'y être mis dès l'âge de dix ans, voire avant.

[…]

«Même les jeunes lycéens l'utilisent, ce n'est pas un langage de jeunes en rupture, il n'est pas parlé uniquement par des loubards de banlieue», relève Pascal Singy.

Les scientifiques relèvent trois fonctions à ce langage: identitaire (appartenance au groupe), cryptique (imperméabilité aux adultes, par exemple) et ludique (amusement de leurs interlocuteurs).

[…]

Tous les membres du collectif sont d'avis que le «parler jeune» concerne tant les filles que les garçons. Mais certains relèvent des différences: les filles elles-mêmes expriment ainsi la conviction d'en offrir une pratique «adoucie», moins «agressive». «Elles l'utilisent un peu moins souvent et de manière un peu moins vulgaire», note Francesca Poglia Mileti.

«Le jugement porté sur le locuteur varie, les filles sont plutôt dévalorisées lorsqu'elles parlent jeune», poursuit la scientifique. En abusant de ce type de langage, elles risquent de se voir déconsidérées aux yeux de leurs pairs.


[…]

La plupart des jeunes ne considèrent pas ce type de langage comme approprié lorsque l'interlocuteur est un parent, un professeur ou un employeur.

D'ailleurs, près d'un sur deux estime que, d'une manière qui semble relativement naturelle, sa pratique du «parler jeune» changera quand il gagnera en maturité.





“Tu flippes ta race, bâtard ! » Sur le langage des cités”
Jean-François Dortier
Le «parler jeune des banlieues» n'est pas un langage dégradé du français qui aurait vocation à se généraliser à toute la société. Il relève d'un code interne à un milieu destiné à marquer provisoirement sa différence.
« Ma meuf, quand j'lui dis que j'sors avec des potes, elle bad-trippe grave. » Traduction : « Ma copine, quand je lui dis que je sors avec les copains, elle s'inquiète beaucoup. »
Tout le monde connaît désormais l'usage des mots « meuf » (femme, fille), « keuf » (flic), « keum » (mec), ou même les « remps » (parents). De même le superlatif « grave », qui peut signifier beaucoup, très (« Putain, tu me prends grave la tête ! »), mais peut aussi s'employer pour désigner une personne étrange ou bizarre, plutôt « zarbi » (« Il est grave ! »).
Le « langage des cités » amuse, fascine et inquiète. Il amuse et fascine par son inventivité, sa drôlerie. Témoin : « Il est trop mystique le prof de français, il vient à l'école en vélo ! », le mot « mystique » désignant ici une personne au comportement étrange, différent, atypique (synonyme aussi de space, déjanté...). Cet attrait pour l'exotisme du « parler jeune » explique le succès des dictionnaires de la cité, leur introduction folklorisante dans les émissions de télévision, leur usage décalé dans d'autres milieux (« Il est zarbi ce gars ! » entendu dans une salle de rédaction d'une revue de sciences humaines...).
Mais le langage des cités inquiète aussi. On se soucie notamment de la pauvreté et de l'agressivité du vocabulaire employé (« Putain, y m'bat les couilles, ce bâtard », qui choque dans la bouche d'une adolescente de 13 ans). Certains défenseurs de la langue craignent que celle des cités n'en vienne à contaminer la langue française au point de l'appauvrir (les « Ça l'fait ! », « C'est ouf ! », « Putain ! » se sont largement diffusés et entrent peu à peu dans les dictionnaires). Enfin, certains craignent qu'une partie de la jeunesse en vienne à s'enfermer dans un ghetto linguistique. Qu'en est-il vraiment ?
l'étude du « parler urbain » et de ses variations va connaître un essor important. C'est surtout le vocabulaire qui va faire l'objet des études des linguistes, notamment l'invention des nouveaux mots. Parmi les procédés de construction les plus courants, il y a le verlan qui consiste à inverser l'ordre des syllabes (caillera, keufs, feuj) de mots tronqués : on parle d'apocope lorsque la fin du mot est supprimée (assoc pour association) et d'aphérèse lorsque c'est le début qui disparaît (blème pour problème) ; autre procédé courant : l'emprunt aux langues étrangères, qu'il s'agisse de l'anglais (gun, sniffer, bitch qui signifie salope), de l'arabe (un kif), du vieil argot français (clope, sape). L'usage des métaphores est particulièrement prisé. Les seins deviennent ainsi des airbags et une très belle fille une bombe ou, par extension, une mururoa. Une fille peut aussi être désignée comme une belette, une rate, une gazelle, etc. La resufixation consiste à ajouter un suffixe transformant ainsi con en connard ou connasse, crad en crados... On note aussi la réhabilitation de mots en voie de disparition comme « bouffon », « bâtard », le retour d'expressions désuètes et anciennes telles que « moyenner » qui veut dire négocier ou marchander (« J'ai moyenné un bon prix pour la mob.
»
). Parfois un mot « chic », comme « charmant », est introduit subrepticement (« Sa meuf, elle est grave charmante ! »).
La plupart des spécialistes s'accordent à penser que le parler jeune n'est pas simplement un langage déformé et dévoyé du français ordinaire. Il fonctionne à la fois comme un code secret et une marque identitaire. Le parler jeune permet de parler entre soi, à l'insu des parents, des professeurs, des policiers. Il permet de se moquer de quelqu'un dans le métro sans qu'il comprenne. C'est un jeu très pratiqué par les enfants dans les cours de récréation. Il est aussi un marqueur identitaire : il vise à se distinguer. Au même titre que la façon de s'habiller, la façon de parler est une marque de distinction. De ce fait, lorsque certaines expressions se diffusent largement et deviennent courantes, elles sont remplacées par d'autres.
C'est d'ailleurs un processus général qui marque toutes les modes : dès qu'un signe original de distinction, établi pour se démarquer, a tendance à se diffuser (par mimétisme), il perd de son originalité ; ce signe une fois propagé, les initiateurs de la mode doivent inventer de nouveaux signes de démarcation. Voilà d'ailleurs pourquoi les inquiétudes sur la contamination de la langue dominante par le parler des cités sont infondées.
On peut remarquer que le parler jeune est justement propre à une génération et que, devenus adultes, les adolescents savent en général s'en défaire.
Mais, à l'inverse, certains linguistes s'inquiètent qu'à cause de la prégnance du parler jeune dans les cités, certains en viennent à ne plus savoir parler le français « correct ». Jean-Pierre Goudaillier, professeur à la Sorbonne et auteur de Comment tu tchatches !, craint quant à lui qu'une véritable fracture linguistique vienne se superpose à la fracture sociale et enferme les jeunes des cités dans une sorte de ghetto culturel.
Jean-François Dortier, “Tu flippes ta race bâtard” sur le langage des cités”. Sciences humaines, nº 159, abril 2005




Bibliographie

DORTIER, Jean François: « Tu flippes ta race bâtard” sur le langage des cités », Sciences humaines nº 159, abril 2005.
ARGOT FRANÇAIS : Web en ligne sur http://pagesperso-orange.fr/mondouis/af.htm , dernier mise au jour par JC Mondouïs le 26/01/03, mise au point le 24/05/10.
VIDOCQ, EUGÈNE-FRANÇOIS : « Dictionnaire argot-français », e-book en ligne sur http://issuu.com/leboucher/docs/argot .
BOB : « Dictionnaire d’argot, ou l’autre trésor de la langue », web en ligne sur http://www.languefrancaise.net/bob/ , mise au point le 23/03/10.
BOUGAÏEFF, ANDRÉ:« French slang-argot français », Level intermediate/advanced, Université du Québec à Trois-Rivières, Web en ligne sur http://www.uqtr.uquebec.ca/argot/introduction.html , mise au point le 21/05/10.
REVERSO : Dictionnaire en ligne sur http://www.reverso.net , mise au point le 25/05/10.